Barbarie est une revue écrite et composée par un groupe d'étudiants de l'université de toulon, en lien avec le Port des Créateurs, partenaire principal. Cette revue ébauche des sujets comme l'antifragilité dans le vivant et la nature. Barbarie est une ouverture vers une nouvelle façon d’être humain, en s’inspirant de la nature et du vivant.
 

Les Salins d’Hyères : quand le territoire apprend à composer



 Nature Culture  Paysage  Hybride  Écologie 
 Un paysage façonné par le sel

Aux portes de la ville d’Hyères, les Salins dessinent un paysage singulier, presque irréel. Des bassins géométriques s’étendent à perte de vue, striés de digues, de canaux et de lignes droites. Longtemps façonné par l’extraction du sel, ce territoire est aujourd’hui un espace protégé où le vivant a repris sa place. Ni tout à fait naturel, ni totalement artificiel, les Salins d’Hyères incarnent un espace hybride, né de la co-évolution entre activités humaines et dynamiques écologiques.

Héritage industriel et réappropriation du vivant
Pendant des siècles, le sel y a structuré les usages, les gestes et les formes du paysage. L’homme a creusé, canalisé, organisé l’eau et la terre pour répondre à des besoins économiques précis. Puis, lorsque l’activité salinière a cessé, ces infrastructures ont été laissées en héritage. Loin de disparaître, elles sont devenues le support d’une nouvelle vie. Oiseaux migrateurs, plantes halophiles et micro-organismes se sont approprié ces structures, transformant les anciens outils industriels en habitats. 


Composer avec les traces humaines, au-delà de l’opposition nature/culture
Aux Salins, la nature ne vient pas effacer les traces humaines : elle compose avec elles. Les flamants roses longent les digues, les bassins deviennent des refuges, les chemins techniques se transforment en sentiers d’observation. Ce paysage nous rappelle que le vivant ne se déploie pas uniquement dans des espaces « vierges », mais aussi dans des lieux marqués, contraints, hérités d’une histoire humaine.

Ce territoire invite ainsi à dépasser une vision binaire opposant nature et culture. Les Salins d’Hyères montrent que la contrainte peut devenir ressource, que l’artificialité peut accueillir la biodiversité, et que la trace humaine n’est pas nécessairement synonyme de destruction. Ils deviennent un espace d’apprentissage, de sensibilisation et d’attention au vivant, où l’on observe comment les équilibres se construisent sur le long terme.

Un article de Mattéo Busardo et Jessica Viriot




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