Barbarie est une revue écrite et composée par un groupe d'étudiants de l'université de toulon, en lien avec le Port des Créateurs, partenaire principal. Cette revue ébauche des sujets comme l'antifragilité dans le vivant et la nature. Barbarie est une ouverture vers une nouvelle façon d’être humain, en s’inspirant de la nature et du vivant.



L’architecture par Xavier Gomard


 architecture Culture  antifragile  structure  Écologie 
 
Xavier Gomard, architecte, dessinateur projeteur, chef de projet et maintenant entrepreneur. 
Un homme aux multiples casquettes, qui a cumulé diverses expériences au sein de ce monde qu’est l’architecture, en passant par le Gabon, la Côte d’Ivoire, ou bien encore le Cameroun. 

Ses multiples expériences l’ont construit en tant que professionnel, mais tout a commencé grâce et à partir de son réel goût pour le dessin et les maquettes. Par la suite, il est notamment passé par différentes entreprises telles que: 

- Design studio (domaine du luxe, l’hôtellerie, loisirs golf et 

spa, boutiques de grandes marques). 

- ATAUB ARCHITECTE 

- Group Duval (Projet Agora) 

Récemment, il a ouvert un atelier de maquettes et un atelier de confection déco artisanale nommé AGX (Atelier Gomard Xavier).

Que signifie pour vous une architecture “antifragile” ?

« Cela signifie, pour moi, et selon le concept d’ antifragileque je m’en fais, que l’architecture doit pouvoir résister à l’environnement qui l’entoure. C’est-à-dire que l’architecture, après étude de l’environnement et des possibles aléas climatiques extrêmes, doit pouvoir résister ou s’adapter. »

Avant tout, pensez-vous que l’architecture et le respect de la nature soient compatibles ?
« Oui, plusieurs exemples le prouvent mais il faut sortir des sentiers battus et des concepts internationaux, je veux dire par là que l’architecture doit refléter l’environnement dans laquelle elle est conçue. Par exemple, elle doit être conçue avec les matériaux que l’on trouve sur place, en fonction des conditions climatiques locales, etc... Nous n’inventons rien, la nature l’a déjà fait pour nous. En observant les habitats naturels, des animaux, des insectes, des oiseaux, nous avons les clés d’une construction respectant la nature.»

Est-il possible de créer des structures qui s’améliorent ou se renforcent avec le temps et les aléas ?
« Je pense que oui, je pense aussi que cela est en expérimentation car pour l’instant je n’en ai pas entendu parler. Mais nous pourrions facilement imaginer qu’avec la gamme de nouveaux matériaux, le progrès faits dans les matériaux dits classiques, ou dans l’invention de matériaux plus organiques, nous arriverions, sur le temps, à rendre les édifices de plus en plus
résistants. Regardons par exemple les arbres, qui se rigidifient en fonction des vents, grâce à leur croissance qui s’adapte aux contraintes qu’ils subissent. »

Comment se manifeste-t-elle dans vos réalisations ?
« Aujourd’hui, je ne réalise plus, je gère des projets et des chantiers faits par d’autres. Mais si je devais réaliser (concevoir) à nouveau, je regarderai la nature et arriverai certainement à concevoir une architecture plus organique, plus naturelle, tant dans sa résistance que dans sa gestion des flux et de l’air (chaleur). »

Pour conclure, faites-nous part de votre expérience, réflexion ou autres à ce sujet et en rapport avec votre métier et l’environnement dans lequel vous l’exercez ?
« Aujourd’hui je suis au Gabon, qui vit une transformation. En effet, le nouveau président a pour but de reconstruire les villes longtemps laissées à l’abandon, reprendre les chantiers et développer de nouveaux quartiers.

Or, ce qui me chagrine, c’est que l’architecture choisie se réfère aux critères internationaux, européens, tant dans le design des façades que dans la gestion des énergies. On assiste à un re-make de Dubaï pour a peine exagérer mon propos.

Ce que j’aurai aimé, c’est qu’une réflexion ait été faite pour créer une architecture vernaculaire, c’est à dire faite de bon sens et d’adaptation au pays ou la sous région, l’Afrique centrale, où la chaleur rivalise avec l’humidité, la tradition avec le modernisme, la culture avec le progrès. J’aurais aimé voir des projets avec des façades plus travaillées, adaptées à l’environnement, avec des doubles peaux, ou résilles, alliant protection et design moderne ethnique par exemple, que lorsque l’on voit ce bâtiment dans un magazine, ou sait que c’est un bâtiment qui doit se situer dans une région chaude et humide, que par son design, on reconnaisse que c’est un bâtiment érigé en Afrique centrale, etc....»

© Mathieu Cormerais & Amélie Harant







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